Maserati Quattroporte V : guide d'achat du luxe sportif

 

 

 

 

Luxe sportif ou sportivité luxueuse, les deux conviennent à Maserati, surtout quand on évoque la somptueuse berline tricorps proposée par la marque au Trident : La Maserati Quattroporte. Actuellement à la sixième génération de 4-portes, le modèle luxe de Maserati est chargé d’histoire.

C’est surtout la marque en elle-même qui est chargée d’histoire. Plus que chargée, Maserati est en fait une marque torturée, laissée à l’abandon, existante depuis 1914, mais stable depuis seulement… 1993 !

La Maserati sur laquelle nous nous pencherons aujourd’hui est la Quattroporte V. La cinquième génération de Quattroporte a débuté en 2004, et a pris fin en 2013 pour laisser place à sa remplaçante.

 

Retour sur l’histoire de la Quattroporte

 

L’histoire de la grande berline italienne ne peut pas se raconter sans y placer le contexte, surtout connaissant l’histoire de Maserati.

Fondée en 1914 par les frères Maserati, la marque a fait face à de nombreuses difficultés financières. C’est ce qui a conduit les frères Maserati, après de nombreux modèles de course produits, à vendre la marque à une autre famille italienne en 1937 : les Orsi.

C’est sous la tutelle de cette famille que de nombreux modèles sortiront, dont la mythique3500 GT, et à la fin du « règne » des Orsi, en 1963, la première Quattroporte. A l’époque où Maserati était encore indépendante, la marque équipait ses modèles de mécaniques de course. Cette première Quattroporte sera dotée d’un V8 4.2 de 260ch qui sera complété par un V8 4.7 de 290ch.

 

 

 

 

Les difficultés financières subsistent, et en 1968, c’est Citroën qui fera l’acquisition de la marque. Une très mauvaise passe pour la Quattroporte qui voit ses formes devenir très carrées, et son moteur perdre 90ch ! Elle subira un échec grandissant avec seulement 13 exemplaires vendus. Le V6 qui l’équipe sera beaucoup trop faible pour une voiture de 1.6 tonnes censée concurrencer les Jaguar XJ6 et les Mercedes 280.
Petit détail : il s’agissait du même V6 3.0 qui équipait la Citroën SM. En fin de vie, la Quattroporte recevra un V6 3.2 mais il sera trop tard, la clientèle étant déjà passée à laconcurrence.

 

 

 

 

La troisième génération de Quattroporte se caractérise par le fait que c’est la première voiture sous l’époque De Tomaso, devenue propriétaire de Maserati en 1975, a été designée par Giugiaro. Elle abandonne les V6 inexploitables de l’époque Citroën pour desV8 Maserati de 4.1 ou 4.9 de 260 ou 290ch. Elle aura eu un large succès puisqu’elle a été vendue à 2.141 exemplaires. Ci-dessous, une Royale : la version blindée.

 

 

 

 

Maserati proposait également une version 4-portes de la Biturbo, toujours sous l’époque De Tomaso, une sorte d’intermédiaire entre les troisième et quatrième générations de la Quattroporte.

La quatrième génération de la grande berline est née sous l’ère de Fiat en 1994, alors que la marque était déjà propriétaire de Maserati depuis seulement un an. Elle sera propulsée par un V6 2.0 ou 2.8 et un V8 3.2. Après la création de Fiat Auto en 1998, Maserati sort alors la Evoluzione. Cette version sera le premier signe de la nouvelle direction opérationnelle :Ferrari.

 

 

 

 

Le design de la Maserati Quattroporte V

 

La cinquième génération de Maserati Quattroporte a été dessinée par Pininfarina, le partenaire préféré de Ferrari. Un coup de crayon bien maîtrisé qui donne à cette Maserati une ligne fluide et fine, faisant oublier ses 5.05m de longueur.

Une très grande calandre et des prises d’air latérales et parfaitement disséminées rajoutent a cette Maserati la touche de sportivité que connaît bien Pininfarina, malgré des optiques avant et arrières trop classiques.

On ne peut pas dire que la Quattroporte soit une voiture discrète, mais elle n’affiche pas non plus une extravagance extrême… sauf par son bruit.

 

 

 

 

A l’intérieur de la Maserati Quattroporte

 

Typique des Maserati, la construction du tableau de bord se fait autour de l’horloge centralequi domine tout l’habitacle. Une ambiance très chaleureuse que l’on retrouve grâce à des matériaux d’excellente facture tels que le bois ou le titane, et même du carbone. En revanche, elle conserve une instrumentation très simple d’utilisation, qui ne nécessite pas de lire le manuel d’utilisation pendant 25 minutes pour trouver comment augmenter la température de la climatisation.

Malgré la taille de l’engin, l’habitabilité arrière reste correcte, mais sans plus. Contrairement à ses concurrentes (Audi A8, Mercedes Classe S, BMW Série 7), elle ne dispose pas de version longue, permettant de remédier à son manque de place arrière.

Maserati joue la carte de la « personnalisation » (on est loin des Citroën DS3…) en proposant des cuirs de tons très différents comme Camel, Rouge ou Bleu etc… De quoi compléter la tradition Maserati : les compteurs à fond bleu.

Cependant, après avoir été longuement flatté par un intérieur si propre, on retrouve tout de même quelques plastiques qui n’auraient pas lieu d’être pour une voiture dépassant les 100.000€ à l’achat.

 

 

 

 

Le moteur de la Quattroporte

 

Ce qui fait le charme de cette génération de Quattroporte, c’est son bruit absolument incroyable. Il s’agit d’un V8 4.2 dérivé de celui de la Ferrari F430, et dont la Maserati 4200 GT était équipé. Seulement, la gestion électronique apportée sur la Quattroporte ainsi que toute la refonte de la distribution porte ce moteur à 400ch contre 390 pour la GT.

C’est une habitude italienne, il faut monter dans les tours, et délivre un couple très respectable de 460 Nm à 4.250 tours pour ensuite délivrer ses 400ch à 7.000. Grâce à un V8 longitudinal positionné très en recul sous le long capot et la boîte Cambiocorsa à l’arrière, la répartition des masses est presque parfaite avec 53% à l’arrière et 47% à l’avant. De quoi faire tenir la route à ce tank de 1.930kg.

Le restylage de la Maserati Quattroporte en 2007 apporte quelques modifications, y compris à l’extérieur, notamment les optiques. Mais le plus intéressant reste encore une fois sous la capot. Elle garde le V8 4.2 dont la puissance développe désormais 405ch, mais s’accapare deux finitions (la S et la GTS) avec un V8 4.7 développant 440ch.

C’est un moteur très vif qui monte dans les tours, permettant ainsi d’excellentes reprises.

 

 

 

 

La Quattroporte sur la route

 

Après avoir démarré l’engin, on est très vite confronté à l’incitation à la prudence. Il s’agit tout de même d’une grande berline propulsion de presque deux tonnes ! La boîte robotisée en mode automatique se révèle être plus compliquée d’utilisation. Il faudra donc préférer les palettes. Au passage, si vous avez la possibilité d’éviter les montées lorsque le moteur est froid, vous épargnerez grandement votre embrayage.

Enclenchez le mode séquentiel, et vous verrez de quoi la Quattroporte est capable. Une grande routière au V8 atmosphérique hurlant, qui avale les courbes avec une simplicité tellement extrême que nous en oublierons les dimensions de cette auto. Un châssis très bien construit grâce à une double triangulation permet d’exploiter la Quattroporte à son maximum, tant la tenue de route est bluffante. Elle dispose en plus d’une direction assistée assez dure, complétant ainsi ce sentiment de sportivité.

En revanche, la suspension un peu dure Shyhook se révèle moins confortable sur des revêtements plus abîmés, ou à plus faible allure, engrangeant des résonances dans l’habitacle.

 

Les défauts d’une Quattroporte

 

Ils sont peu nombreux, mais il en existe. Une bête de 2 tonnes provocatrice à la conduite sportive incite souvent une consommation élevée. C’est effectivement le cas avec cette Quattroporte dont la consommation atteint très aisément la vingtaine de litres en ville. Ne cherchez pas à compter en conduite sportive, c’est une donnée qu’il ne vaut mieux pas savoir.

Bien que l’intérieur soit parfaitement agencé, on retrouve de petites touches de plastique qui trahissent cette ambiance de cuir et de bois. Plastique que l’on discerne très nettement à l’extérieur, car les coques de rétroviseurs en sont équipées, et sont décelables au moindre rayon de soleil.

Une finition qui reste perfectible sur certains points, au risque d’être déçu, surtout pour le prix neuf de cette voiture.

En termes de mécanique, même si le V8 chante de l’opéra, la boîte de vitesse est très efficace avec les palettes au volant, mais reste assez difficile à gérer en mode automatique, sans répondre à nos attentes.

 

 

 

 

Acheter une Maserati Quattroporte d’occasion

 

Elles se trouvent ! Cependant, en tant que bonnes berline luxueuses qui se respectent, et notamment dans le cas spécifique de luxueuse sportive, quelques points sont à vérifier avant l’achat.

  • Demandez tout le carnet d’entretien. Ce sont des voitures exploitées qui ont parcouru tous types de trajets. Et puis les Maserati demandent un entretien minutieux…

  • Vérifiez l’état de l’intérieur en général. Les heures passées derrière le volant d’une Quattroporte peuvent se ressentir sur l’état général des cuirs.

  • Soyez sûrs que tous les éléments électroniques de la voiture fonctionnent. Il s’agit tout de même d’une voiture italienne…

Comme toutes les grandes berlines qui se respectent, la décote est hallucinante. Vous pourrez donc trouver une Maserati Quattroporte parfaitement entretenue avec moins de 100.000km pour moins de 25.000€.

 

Les pièces à vérifier lors de l’achat d’une Maserati Quattroporte

 

Outre ce qui a été cité ci-dessus, voici la liste des éléments à prendre en considération, et à vérifier avant l’achat d’une Maserati Quattroporte :

  • Les vidanges : elles doivent être effectuées régulièrement, surtout si le précédent propriétaire roulait pour de courts trajets, ou sur des routes poussiéreuses.

  • Le filtre à air : il doit être changé régulièrement

  • Les pneus : dépendant de la conduite, il peuvent s’user assez vite, et coûtent cher

Pour le reste, il s’agit d’un entretien régulier, mais qui doit être suivi.

La Quattroporte est une excellente voiture, sous tous les points. En revanche, sa boite en mode automatique associée à un poids trop élevé peut être parfois contraignant, d’autant plus avec une consommation avoisinant les 20 litres, mais elle n’empêche pas d’aller titiller les 7.500 tours.

C’est une voiture à part dans la catégorie des grandes routières. Elle doit faire face à de la concurrence très germanique, où toutes les aides électroniques sont de rigueur et où les voitures sont sur-assistées.

La Maserati Quattroporte est une grande routière qui se pilote à défaut d’être conduite, avec un vrai caractère, un vrai bruit, et de vraies sensations. Seule la Jaguar XJR de l’époque pouvait rivaliser avec une Quattroporte, bien qu’elle soit dotée d’une boîte peu convenable.